Si je vous posais cette question aujourd’hui… je crois que beaucoup d’entre vous me répondraient spontanément : « Non. »
Et je comprends.
Parce que lorsque l’on traverse certaines épreuves, on ne voit plus qu’une seule chose : tout ce qu’elles nous ont pris. La confiance. La spontanéité. La joie. Le sentiment de sécurité. Parfois même… une partie de nous-mêmes.
Alors une question revient souvent.
Pourquoi moi ?
Pourquoi cette enfance ? Pourquoi ces parents ? Pourquoi cette violence ? Pourquoi ces blessures ? Pourquoi certaines personnes semblent-elles avancer plus facilement… alors que, pour vous, chaque pas ressemble parfois à un combat ?
Je comprends.
Parce que lorsque l’on regarde un tableau le nez collé contre la toile… on ne voit plus le tableau. On ne voit plus qu’une tache. Une imperfection. Et parfois… on finit même par croire que cette tache résume toute l’œuvre.
Je crois que nous faisons souvent la même chose avec notre histoire.
Nous regardons nos blessures d’aussi près… que nous finissons par croire qu’elles nous définissent. Nous regardons tout ce qu’elles nous ont pris. Nous regardons tout ce que les autres semblent avoir… et que nous pensons ne jamais avoir.
Et si… aujourd’hui… je vous proposais simplement de reculer d’un pas ?
Pas pour nier ce que vous avez vécu. Pas pour minimiser votre souffrance. Simplement pour regarder votre histoire autrement.
Et si je vous faisais simplement remarquer que peut-être… vous oubliez l’essentiel ?
Parce que vous ne regardez peut-être que ce que vos blessures vous ont pris… alors qu’avec un peu de recul, vous découvrirez peut-être qu’elles n’ont jamais réussi à vous enlever le plus précieux.
Votre identité.
Vos blessures peuvent vous faire douter, mais elles ne définissent pas qui vous êtes
Au plus profond de vous-même.
Le traumatisme peut vous faire douter. Vous faire croire que vous n’êtes plus capable. Que vous n’y arriverez jamais. Vous faire perdre confiance. Vous pousser à vous adapter. Puis à vous suradapter.
Il peut même finir par vous faire oublier qui vous êtes.
Mais il ne pourra jamais effacer la personne que vous êtes profondément.
Parce que cette personne est toujours là. Simplement plus discrète. Comme une lumière à qui les blessures auraient demandé de se faire oublier pendant quelque temps.
Cela ne signifie pas qu’elle s’est éteinte.
Elle attend. Tout simplement.
Vous savez… souvent, nous regardons la montagne qu’il nous reste à gravir. Nous oublions complètement celle que nous avons déjà gravie.
Nous sous-estimons nos petites victoires. Pourtant… ce sont elles qui construisent les plus grandes.
Si vous vous arrêtiez un tout petit instant… et que vous regardiez le chemin parcouru. Les jours où vous pensiez que vous ne vous relèveriez jamais. Les nuits où vous regardiez le ciel en pensant que plus rien n’avait de sens. Les combats que personne n’a vus.
Je sais ce que c’est.
Parce que personne ne peut imaginer les batailles silencieuses que vous avez menées.
Certains appelleront cela de la survie.
Je peux vous assurer que j’y vois une force que vous ne voyez peut-être plus aujourd’hui.
Ce que vous avez traversé révèle aussi les ressources qui étaient déjà en vous
Parce que lorsqu’on continue à marcher alors que le chemin est rempli d’épines… lorsqu’on tient debout malgré les tempêtes… lorsqu’on cherche encore une solution alors que tout semble s’effondrer…
Nous ne sommes pas face à une personne faible.
Nous sommes face à une personne profondément battante. Une personne qui n’a jamais cessé d’avancer. Même lorsqu’elle croyait être arrêtée.
Elle tombe. Elle se relève. Elle cherche autrement. Elle imagine. Elle apprend. Elle recommence.
Oui… c’est fatigant.
Oui… parfois, c’est injuste.
Mais rester immobile ne changera jamais le passé.
En revanche… continuer à avancer changera toujours l’avenir.
Vous êtes comme le roseau.
Il ploie sous la tempête. Parfois… on pourrait croire qu’il va rompre. Et pourtant… lorsque le vent s’apaise… il se redresse.
Je pense que nous sommes beaucoup plus proches du roseau que nous ne l’imaginons.
Même lorsque nous avons l’impression que tout va s’effondrer… au fond de nous… nous apprenons, une fois encore, à nous relever. Autrement.
Chaque expérience révèle une ressource que nous ne soupçonnions pas. Chaque difficulté nous montre que nous sommes capables de faire face.
Pas parce que nous sommes invincibles.
Parce que nous n’abandonnons jamais.
Transformer son vécu ne signifie pas remercier la souffrance
Transformer son vécu en une force… ce n’est pas remercier la souffrance. Ce n’est pas oublier. Ce n’est pas faire comme si rien ne s’était passé.
C’est simplement accepter de regarder son passé autrement.
Et lui dire :
« Tu fais partie de mon histoire.
Je ne peux pas te changer.
En revanche, je peux choisir de transformer ton impact afin que tu n’influences plus mon avenir. »
Parce que les blessures peuvent mettre votre lumière en sourdine. Elles peuvent vous faire croire qu’elle s’est éteinte.
Mais elle est toujours là.
Et si elle est toujours là… c’est peut-être parce qu’il existe au fond de vous une petite voix.
Une voix discrète. Qui parle beaucoup moins fort que le mental. Beaucoup moins fort que la peur. Mais qui revient toujours. Même au milieu du brouillard.
Certains l’appellent l’intuition.
Son nom importe peu.
Ce qui compte… c’est qu’elle connaît déjà votre direction.
Elle sait ce qui est juste pour vous. Elle sait les décisions qui vous rapprochent de vous-même. Elle sait la personne que vous êtes profondément.
Elle ne cherche pas à vous transformer.
Elle cherche simplement à vous rappeler qui vous êtes.
Alors… lorsque vous l’entendrez de nouveau… et je sais qu’à partir d’aujourd’hui, vous y prêterez davantage attention… prenez le temps de l’écouter.
Parce qu’elle connaît déjà la direction… avant même que votre mental ne commence à semer le doute.
Retrouver son identité, c'est retrouver la liberté d'être pleinement soi
Retrouver progressivement son identité… ce n’est pas vivre sur un nuage rose.
La vie continuera parfois à vous mettre à l’épreuve.
Mais quelque chose aura changé.
Vous ne regarderez plus les choses sous le même angle. Vous connaîtrez votre direction. Les décisions que vous prendrez vous sembleront justes.
Vous ne chercherez plus votre valeur dans le regard des autres. Parce que vous aurez retrouvé la vôtre.
Vous pourrez regarder votre histoire avec un autre regard. Être fier… non pas de ce que vous avez vécu, mais du chemin parcouru.
Et surtout… de la décision que vous aurez prise.
Celle de reprendre le pouvoir sur votre vie.
Parce que votre histoire raconte ce qui vous est arrivé.
Elle ne décidera jamais de la personne que vous choisissez de devenir.
Le devenir… est déjà en train de s’écrire.
À travers chacun de vos choix. À travers chacune de vos décisions. À travers chaque fois où, malgré les difficultés, vous choisissez encore d’avancer.
Parce que le traumatisme ne vous vole pas votre identité.
Il vous prive simplement de la liberté de l’exprimer.
Et retrouver progressivement cette identité… c’est retrouver la liberté d’être pleinement soi.
Cette personne que les blessures avaient invitée à se faire discrète… mais qu’elles n’ont jamais réussi à faire disparaître.
Chaque changement commence par une décision... Celle de ne plus laisser le passé écrire la suite de votre histoire.
Nathalie Malles






